LUCIEN BIART - « La Frontière Indienne » (1881) {Les Voyages Involontaires, Tome 2}
- 25 nov. 2025
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Dernière mise à jour : il y a 13 minutes


Ses ouvrages font encore le délice de bien des bibliophiles, mais en dehors de cela, Lucien Biart est aujourd'hui bien oublié, fort injustement d'ailleurs, quand on sait qu'il fut un continuateur de Jules Verne, parfois même pour l'éditeur qui le publiait, Hetzel.
Rien ne prédisposait pourtant ce zoologue versaillais à devenir un jour un écrivain. Ayant suivi des études classiques de biologie, Lucien Biart se retrouve détaché au Mexique à seulement 20 ans. Le Mexique est alors une monarchie relativement indépendante mais fragile, avec laquelle la France noue d'excellents rapports diplomatiques. Pour un biologiste français, c'est un vivier extraordinaire d'animaux et de plantes totalement inconnus ici. Lucien Biart restera presque 20 ans au Mexique, lequel devient sa terre d'adoption.
On sait que le goût de l'écriture lui vient à la trentaine. Il publie dans les années 1850 deux recueils de poésies, puis, entre 1862 et 1867 trois romans d'aventures se déroulant au Mexique.
En 1864, alors que la monarchie mexicaine traversait une de ses nombreuses périodes de régence, souvent marquée par des tentatives républicaines de coup d'état, la France, gouvernée par Napoléon III, est alliée depuis longtemps à la monarchie mexicaine, laquelle est en train de sombrer. Pour éviter que le pays ne devienne une République, Napoléon III y expédie l'archiduc autrichien Ferdinand Maximilien de Habsbourg-Lorraine afin de créer un empire mexicain sur le modèle du Second Empire français.
Cette initiative s'avèrera en réalité catastrophique : le jeune Maximilien Ier, qui n'a que 30 ans, est peu formé à la direction d'un pays. Il n'a été choisi que parce qu'il est le dernier né de la Maison de Habsbourg-Lorraine, aristocratie autrichienne proche de la famille Bonaparte depuis plusieurs décennies. Une rumeur jamais démentie laisse entendre qu'il y aurait également eu un cousinage entre Napoléon III et Maximilien, lequel serait le fils adultérin de "L'Aiglon", le fils de Napoléon Ier, élevé à la cour d'Autriche après l'exil de son père, et qui est mort d'une tuberculose à seulement 21 ans.
Toujours est-il que le contact entre l'empereur Maximilien Ier, aristocrate autrichien menu et délicat, et le peuple mexicain, fut assez mauvais pour qu'une révolution éclate au bout de seulement trois ans. Maximilien fut fusillé par les révolutionnaires, et le Mexique devint définitivement une république.
Néanmoins, Maximilien ayant représenté l'empire de Napoléon III, les collaborateurs français furent invités à rentrer chez eux en abandonnant tous leurs biens et propriétés au peuple mexicain. Lucien Biart fut donc renvoyé à Paris après 18 ans passés au Mexique, aussi démuni que lorsqu'il y avait débarqué pour la première fois. Il consacrera le reste de sa vie à pleurer ce paradis perdu, par le biais d'une collaboration régulière avec la "Revue des Deux Mondes" pour laquelle il publie nombre d'articles sur le Mexique, mais aussi grâce à une trentaine de romans d'aventures destinés pour la plupart à un public adolescent, quasiment tous sortis dans de très belles éditions reliées et illustrées, que l'auteur lui-même insistait pour publier sous des reliures disponibles en deux ou trois couleurs différentes : rouge ou bleues, pour la plupart, et également vert sombre pour les romans publiés chez Hetzel. Cette spécificité a aussi contribué à attiser la convoitise des bibliophiles.
Premier écrivain français à se pencher sur l'Amérique Centrale, fort peu connue à l'époque, Lucien Biart a séduit un public assez nombreux, sans toutefois jamais atteindre les records de Jules Verne. Il publia presque deux romans par an durant les années 1880, avant de réduire drastiquement sa production au début des années 90, vraisemblablement atteint d'une maladie qui l'emportera prématurément en 1897.
Contrairement à Jules Verne, dont le travail est pourtant assez proche, Lucien Biart s'est concentrée sur une seule destination : le Mexique. Cette constance a sans doute nui quelque peu à sa renommée, ses romans ayant bien moins de différences entre eux que ceux de Jules Verne. À une époque où les livres étaient rarement l'objet d'une promotion assidue, un lectorat qui n'avait pas la mémoire des titres pouvait tout à fait confondre deux romans d'un même auteur se passant dans le même pays.
Lucien Biart avait aussi une différence fondamentale avec Jules Verne : sur le plan pédagogique, il était d'autant plus léger qu'il flirtait volontiers avec le genre littéraire fantastique, souvent inspiré par le caractère mystérieux du folklore précolombien, mais aussi par une certaine forme de poésie mystique personnelle, nourrie par sa nostalgie d'un pays qu'il a beaucoup aimé et où il ne pouvait plus revenir. Le Mexique de Lucien Biart a donc quelque chose du Jardin d'Eden, tout y est un peu magique, et même parfois surréaliste avant l'heure. Ce caractère très prononcé fait de son oeuvre littéraire une création d'art et de divertissement, qu'il ne faut pas cependant pas prendre pour une étude sérieuse. Bien que n'ayant jamais visité les pays abordés dans ses romans, Jules Verne étudiait nombres de documents et de récits d'explorateurs, afin de décrire avec le plus de réalisme possible les contrées où il plaçait ses intrigues. Paradoxalement, Lucien Biart avait vécu 19 ans au Mexique, mais en retranscrivait une vision largement onirique et féérique, même si l'ancien zoologue, devenu professeur de lycée, se souvenait ponctuellement de connaissances tout à fait fiables sur la faune et sur la flore, et les partageait volontiers.
« La Frontière Indienne » (1881) témoigne de cette étrange duplicité romanesque, oscillant entre réalité et fantasme. Ce roman est le deuxième volume d'une tétralogie publiée chez Hetzel appelée « Les Voyages Involontaires », illustrée par Henri Meyer, et comptant « Monsieur Pinson » (1880), « La Frontière Indienne » (1881), « Le Secret de José » (1882) et « Lucia Avila » (1883). Lucien Biart enchaîna dans la foulée une nouvelle trilogie, « Les Explorations Inconnues », publiée cette fois chez A. Hennuyer, Editeur, et illustrés par Frédéric Hix : « Entre Deux Océans » (1883), « Le Roi des Prairies » (1884) et « Le Fleuve d'Or » (1885). Ces sept ouvrages, constituant deux cycles romanesques, représentent le coeur de son oeuvre.
Tout comme « Les Voyages Extraordinaires » de Jules Verne, « Les Voyages Involontaires » et « Les Explorations Inconnues » sont deux cycles uniquement thématiques. Il n'y a pas de suivi entre les différents tomes, ni de personnages en commun. On peut donc les lire dans n'importe quel ordre.
« La Frontière Indienne » fut l'un des plus gros succès de Lucien Biart, et il reste particulièrement indiqué pour découvrir l'oeuvre de cet écrivain avec toutes ses qualités et dans tous ses paradoxes.
L'action se déroule dans les environs de Mérida, capitale du Yucatán, péninsule qui s'éloigne du Mexique vers le nord pour se dresser en direction de Cuba. Mérida est aujourd'hui une métropole de près d'un million d'habitants, et destinée à tripler ou quadrupler de taille d'ici le siècle prochain. Mais à l'époque où se passe ce récit, c'est une petite ville d'à peine 30 000 habitants, construite en damier au XVIème siècle par les colons espagnols sur les ruines d'une ancienne cité maya.
Le docteur français Pierre Brigault, médecin de son état et botaniste par passion, venu chercher des plantes rares, rencontre à Mérida un des hommes les plus puissants de la ville, Don Pedro Aguilar, colon espagnol fortuné, qui a fait construire, dans les environs de Mérida, un vaste château appelé "château d'Eden". Veuf, Il vit là avec sa petite fille, Camille; sa servante et cuisinière Doña Gertrudis, le chien de la famille fort spirituellement nommé "Dents-d'Acier"; ses deux hommes de main, le français Célestin et son meilleur ami, le "nègre" Pélican; et un chanoine, le père Estevan, installé dans une dépendance en tant qu'arbitre moral et spirituel, mais aussi parce qu'il maîtrise parfaitement la langue maya. Ne sachant où dormir, Pierre Brigault est convialement invité à s'installer lui aussi dans une chambre du château, durant tout le temps qu'il voudra.
Don Pedro Aguilar est un riche propriétaire terrien, possédant une centaine de vaches produisant du lait et de la viande pour toute la ville de Mérida. Il fait partie de ces colons qui ont su implanter une industrie sur des terres encore sauvages, et s'est considérablement enrichi. Pour autant, il est loin d'être un corrompu. Millionnaire ou pas, Don Pedro Aguilar est un bon-grand-père, qui couve avec amour sa petite-fille, et ne cherche qu'à faire le bien autour de lui. Quelle autre raison, d'ailleurs, de s'enrichir ?
La preuve en est que, lors d'une longue virée dans les petits villages isolés de l'intérieur du Yucatán, Don Pedro Aguilar s'est retrouvé au milieu d'un petit marché aux esclaves, et a remarqué, parmi les pauvres diables proposés aux enchères, un jeune garçon indien d'une douzaine d'années, au port particulièrement digne, qui pose un regard hautain et méprisant sur les acquéreurs qui font monter les prix.
Don Pedro est favorablement impressionné par le maintien et la noblesse de ce jeune garçon qui n'a rien d'un esclave, selon lui. Il entre dans les enchères, et offre un prix auquel personne ne peut surenchérir. Il tente de parler avec le jeune garçon, mais celui-ci semble ignorer totalement l'espagnol. Don Pedro décide de le ramener au château d'Eden pour le confier au père Estevan.
L'enfant est très surpris de se trouver face à quelqu'un qui parle sa langue, mais il est conciliant, avoue s'appeler Unac, et être le prince héritier du peuple toltèque, que l'on croit disparu, mais qui en réalité vit au sein d'une chaîne montagneuse située à une centaine de kilomètres du château. Le tatouage que le jeune garçon possède sur la poitrine, représentant le dieu Soleil, témoigne de son sang royal. Mais Ahuisoc, le "régent" qui tenait les rènes du pouvoir en attendant sa maturité, l'a fait enlever, transporter fort loin des terres toltèques, et l'a vendu à un marchand d'esclaves. On apprendra plus tard qu'Ahuisoc a fait croire à son peuple qu'Unac était mort dévoré par un fauve, et s'est lui-même nommé nouveau roi des Toltèques.
On peut dire que c'est à ce moment-là que Lucien Biart déraille quelque peu d'un récit jusque là relativement crédible. Les Toltèques étaient un peuple précolombien disparu à peu près au premier siècle de notre ère, et que l'on ne connaît que par les écrits qu'en ont laissé les Aztèques, lesquels les voyaient comme un peuple légendaire de bâtisseurs. Le peu de choses que l'on sait de leur existence a énormément alimenté la fantasmatique occidentale, et ce, dès les années 1870. Le mystère de cette civilisation que l'on ne connaît que par ouï-dire a depuis inspiré bien des romanciers. La dernière allusion qui en a été faite dans la culture populaire remonte au dessin animé culte des années 80, « Les Merveilleuses Cités d'Or », où les Toltèques sont curieusement montrés comme des êtres chauves aux oreilles pointues, à demi-extraterrestres.
Avec le temps, et face à l'absence totale de reliques concernant le nom d'un roi ou d'un souverain de la civilisation toltèque, les historiens sont enclins à penser que les Toltèques n'étaient pas un peuple, mais une classe sociale ou un nom donné aux habitants de la cité aztèque Tula, qui semble avoir été bien plus avancée, sur le plan de l'artisanat et du commerce, que les autres tribus et cités de la même époque. Toutefois, c'est là aussi une éventualité purement théorique : il est peu probable que l'on sache jamais avec certitude qui furent les Toltèques.
Toutefois, il est totalement impossible que la population toltèque ait pu compter des tribus survivantes au XIXème siècle, spécifiquement au Yucatán, car les Toltèques ne vivaient pas dans cette péninsule, mais à plusieurs centaines de kilomètres à l'ouest, au coeur de la vallée de Mexico, non loin du célèbre cite archéologique de Teothihuacán.
Ceci pour préciser que, malgré sa parfaite connaissance du Mexique et de son histoire, Lucien Biart dérive aisément de la réalité de ce pays pour entrer dans le fantastique sans que pourtant la présentation de ses romans le laissent entendre.
Ce point étant établi, revenons à Unac : bien entendu, Don Pedro Aguilar ne traitera pas comme un esclave le jeune prince royal qu'il a affranchi en l'achetant. Il le considère bien plus comme un orphelin, dont il confie l'éducatuon au père Estevan, lequel lui apprend la langue espagnole et aussi tout ce que doit connaître un enfant de son âge. Toutefois, l'éducation religieuse pose rapidement problème : pour Unac, le seul dieu est le Soleil, et il peut d'autant moins renoncer à cette croyance qu'elle est à la base de son statut royal de "fils du Soleil". Unac se serait rapidement enfui, si l'influence de la jeune Camille, qui se sent attirée par ce garçon presque aussi âgé qu'elle, ne tempérait la sauvagerie du petit prince en exil, sensible à cette découverte inattndu de la féminité.
Néanmoins, Unac a trop conscience de la nécessité de reconquérir son trône pour se satisfaire de cette exigence bourgeoise. Après avoir demandé à plusieurs reprises à Don Pedro d'organiser une expédition pour le ramener à sa tribu, essuyant un refus poli à chaque fois, Unac s'enfuit une nuit, sans vivres, sans équipement et sans armes. Un suicide garanti, dans une pampa sauvage emplie de fauves, de crocodiles, et d'autres prédateurs dangereux. Sa famille adoptive n'a d'autre choix que de se lancer à sa recherche.
Ce « voyage involontaire », pour sauver un jeune garçon de sa folle entreprise est surtout un prétexte commode de Lucien Biart pour décrire la faune et la flore mexicaine, avec à la fois un émerveillement et une érudition propres à émerveiller ses jeunes lecteurs. Au bout de nombreuses aventures, Don Pedro et les siens retrouveront Unac, blessé et affamé, et le ramèneront sur une litière bricolée avec des branches d'arbres.
Unac reprend sa vie d'étudiant résigné, et quatre années plus tard, c'est Don Pedro lui-même qui propose à Unac, devenu un jeune adulte, d'organiser une expédition vers les montagnes où vivent sa tribu. Le lecteur est donc entraîné lui aussi dans ce nouveau voyage, cette fois-ci volontaire, et que l'auteur nous raconte avec assez d'adresse pour éviter un sentiment de répétition.
Parvenu à destination, Unac découvre que sa tribu, avant cela pacifique, s'est transformée en une armée belliqueuse sous l'influence d'Ahuisoc, lequel veut entraîner les siens dans une guerre d'indépendance contre l'occupant espagnol. Après réflexion, Unac décide de ne pas révéler sa présence, de peur que son peuple radicalisé lui fasse un mauvais sort, à lui et à ceux qui l'accompagnent. Cependant, il reconnaît un camarade d'enfance qui patrouille dans une forêt, et entre en contact avec lui, dévoilant le tatouage sacré sur sa poitrine que tout Toltèque sait reconnaître. Unac révèle être bien vivant, avoir été sauvé par des espagnols. Il réclame son trône, il demande la disgrâce d'Ahuisoc et s'oppose à toute guerre d'indépendance. Unac promet de revenir à la saison prochaine pour savoir si son peuple l'accepte comme nouveau roi. Après quoi, Unac et ses amis et tuteurs repartent pour le château d'Eden.
De manière fort prévisible, Ahuisoc apprend la nouvelle avec rage, et comme il a su, durant toutes ces années, exercer une emprise totale sur le peuple toltèque, il n'a aucun mal à les convaincre de suivre la trace d'Unac, présenté comme un roi félon vendu aux espagnols, afin de le débusquer en son château, et de le tuer. La tribu arrive armée jusqu'aux dents, une semaine plus tard, au château d'Eden, et démarre un siège implacable, au terme duquel le château sera en grande partie incendié.
Les Toltèques ont l'avantage du nombre, mais Don Pedro Aguilar possède celui de l'armement. Les fusils, les canons et les baillonnettes font des ravages dans les rangs toltèques, et Ahuisoc lui-même est tué après quelques jours de lutte. Les survivants n'ont plus qu'à prêter allégeance au nouveau roi Unac, lequel décrète que les Toltèques s'installeront dans les parages, et vivront en harmonie avec les colons, et avec les habitants de Mérida. Unac leur offre aussi une reine, Camille, avec laquelle il se marie, et qui règnera à ses côtés durant toute sa vie.
Tout cela est fort gentil, et plein de bons sentiments, mais pour peu que le lecteur se laisse prendre au doux piège des jolis contes, « La Frontière Indienne » est un roman charmant et original, qui n'a pas mal vieilli, malgré un rythme de narration parfois un peu plat.
La qualité du récit tient d'abord à ses personnages, qui ont souvent des caractères marqués et réalistes. En tête, le professeur Brigault, personnage d'introduction qui se révèle au final plutôt secondaire, mais dont le caractère bourru, volontairement déplaisant (au point que Camille le surnomme "Croquemitaine"), exprimant souvent, par pudeur et fierté, le contraire de ce qu'il pense, est assez inédit dans la littérature pour la jeunesse. Il enseigne aux jeunes lecteurs la difficulté qu'ont certains adultes à avouer publiquement leurs émotions. Camille, la petite coureuse des bois, est une figure volontiers féministe, déterminée, refusant d'obéir aux ordres de son grand-père ou de ses amis, voulant sa part de risque et de danger quand il faut venir en aide à Unac. Elle est aussi la première à ressentir un trouble amoureux pour le jeune Toltèque, et à ne pas lui dissimuler ses sentiments. Célestin et Pélican, les deux compères noir et blanc, partagent une amitié complice, fusionnelle et potache, tout en riant ponctuellement de leurs différences de couleurs de peaux, par le biais de plaisanteries que certains esprits étroits jugeraient racistes de nos jours. Néanmoins, le message est ici clairement antiraciste, ce en quoi Lucien Biart se différencie nettement de Jules Verne, qui donne des noirs et des africains une vision souvent infantile, voire totalement simiesque (tout particulièrement dans « L'Île Mystérieuse »).
Le seul reproche que l'on pourrait faire, selon la mentalité de notre siècle, à « La Frontière Indienne », c'est que ce roman est ouvertement colonialiste, et d'autant plus fervent dans sa défense de la mission civilisatrice de la colonisation, que l'auteur n'écrit même pas par patriotisme : le Mexique était une colonie espagnole, et l'archiduc Maximilien était autrichien. Pourtant, Lucien Biart insiste non seulement sur la nécessité de développer des industries dans les pays colonisés, mais aussi sur le besoin d'évangéliser les sauvages, clef de voûte selon lui de l'aide occidentale à apporter à un peuple pour le sauver de la barbarie.
Cette mentalité était assez dominante dans la littérature destinée à la jeunesse, et obéissait au désir de susciter des vocations d'administrateurs coloniaux, même s'il y avait déjà certains auteurs qui militaient contre la colonisation et pour l'autodétermination des peuples autochtones, quoique parfois paradoxalement pour des raisons racistes, parce qu'ils ne jugeaient pas ces peuples suffisamment évolués pour arriver à notre niveau.
Toutefois, en tenant compte du fait que Lucien Biart avait été lui-même expulsé du Mexique par des révolutionnaires indépendantistes, et qu'il les avaient sans doute vus de ses yeux fusiller un archiduc, on peut comprendre sa position idéologique personnelle, sans toutefois la partager pour autant. Ô tempora ô mores...
Ci-dessous, l'intégralité des 21 vignettes d'Henri Meyer, colorisées, avec plus ou moins de bonheur, grâce à l'application Palette.





























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