RAOUL DE GESVRES (FRÉDÉRIC DUVAL) - « Un Tueur de Lions, de Tigres et d'Éléphants dans les Indes » (189?)
- 15 févr.
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Dernière mise à jour : il y a 8 heures

Tous les romans insolites du XIXème siècle ne sont pas forcément signés par des auteurs maudits ou des génies méconnus. Un livre est quelquefois seulement l'aboutissement d'une idée farfelue, dont le hasard seul a permis la publication. C'est même parfois un simple malentendu, ou une obsession malvenue, qui se trouve ainsi incarnés en singularité littéraire.
Pour découvrir ce genre de perles, il faut évidemment s'éloigner des éditeurs célèbres, qui savent toujours juger un texte et son auteur. Dans les petites villes ou chez de petits éditeurs publiant des auteurs locaux, voire tout simplement les projets de leurs amis et voisins. Ne visant pas un lectorat en dehors de leur département, beaucoup de petits éditeurs ne rechignaient pas à faire plaisir à un vieux camarade, quitte à corriger abondamment le manuscrit.. ou pas.
C'est vraisemblablement ce qui est arrivé avec ce roman, « Un Tueur de Lions, de Tigres et d'Éléphants dans les Indes », signé par un certain Raoul de Gesvres, qui se trouve être le nom du personnage principal du livre, mais pas le narrateur de son histoire. C'est d'ailleurs la première bizarrerie de ce livre qui n'en manque pas : Raoul de Gesvres est le héros de cette histoire, mais ses aventures sont contées par un ami à lui, qui signe néanmoins sous le nom de Raoul de Gesvres. Cet ami s'appelle Frédéric, sans que son nom de famille ne soit jamais prononcé. Or, le roman possède une préface signée par un certain Frédéric Duval. Un hasard ? Certainement pas. D'ailleurs, malgré la différence de contexte, la prose du préfacier et la prose du romancier se ressemblent trop pour émaner de deux personnes différentes.
Nous tenons donc l'auteur. Il reste à résoudre un autre mystère : l'année de sa parution. Car aucune information n'existe sur ce roman.
Là aussi, la préface de Frédéric Duval nous donne quelques indications : ce catholique érudit, cite autant des ecclésiastiques célèbres que des auteurs peu cléricaux comme Jules Vallès et Victor Hugo, ou que des auteurs flirtant avec le nationalisme comme Maurice Barrès et Paul Bourget. Néanmoins, cette avalanche de références cite clairement une période de la Belle-Epoque où ces auteurs, au faîte de leur gloire ou récemment disparus, représentaient l'élitisme littéraire de ce temps.
C'est donc vraisemblablement entre la fin des années 1880 et le début des années 1890 que « Un Tueur de Lions, de Tigres et d'Éléphants dans les Indes » a été publié pour la première fois. Cependant, l'esprit et le style du roman sont un peu vieillots par rapport aux romans d'aventure exotiques de l'époque, ce qui peut témoigner d'un auteur déjà âgé, et vraisemblablement très influent pour pouvoir publier son curieux roman chez un éditeur catholique franco-belge, "La Maison du Bon Livre", chez lequel on ne trouve que des ouvrages théologiques.
En effet, ce qui est proprement extraordinaire dans « Un Tueur de Lions, de Tigres et d'Éléphants dans les Indes », c'est que ce roman, co-édité par une congrégation religieuse belge, imprimé par une maison d'édition catholique belge, n'est absolument pas un livre religieux, si on excepte quelques rares lignes mystiques sur la beauté de la nature. C'est un roman qui, comme le suggère son titre, n'est qu'un long safari, particulièrement sanguinaire, et teinté d'un mépris souverainement colonial pour les Hindous - puisque, l'aura compris, ce safari a lieu en Inde.
« Beaucoup de catholiques semblent méconnaître la puissance des livres ou, qui pis est, peut-être, les choisissent, les lisent et les répandent sans s'assurer de leur intégrité doctrinale, sans se soucier de leur valeur scientifique, sans se préoccuper suffisamment de la pensée contemporaine. », écrit Frédéric Duval dans sa préface. Seulement voilà, pour l'auteur, l'intégrité doctrinale et la pensée contemporaine, c'est d'enchainer des massacres et des tortures d'animaux avec une fascination ouverte pour la cruauté sanguinaire et les descriptions sanglantes, vraisemblablement inspirées des romans particulièrement brutaux de Gustave Aimard. Quant à la valeur scientifique de ce roman, nous allons avoir un aperçu tout à faut cocasse, car « Un Tueur de Lions, de Tigres et d'Éléphants dans les Indes » ne serait pas le chef d'oeuvre biscornu qu'il est encore aujourd'hui, si ce récit d'un safari n'avait été fait par quelqu'un qui n'y a jamais participé, et jamais vu en vrai les animaux sauvages qu'il décrit. La naïveté et la drôlerie de ce narrateur, qui donne vie de manière délirante à des bêtes sauvages, dédramatise et atténue grandement la fascination barbare et sanguinaire qui l'inspire.
On ne saura sans doute jamais qui était ce Frédéric Duval, à supposer que ce nom passe-partout ait bien été le vrai. Cependant, un certain nombre d'indices m'amènent à penser qu'il s'agissait d'un ecclésiastique, un curé, un prêtre, un évêque; enfin quelqu'un à qui un éditeur ne peut pas se permettre de répondre : "Mais enfin, mon père, nous ne pouvons pas publier ça."
Cette publication a dû, en effet, être problématique au départ, puisque à un moment donné, l'auteur raconte que Raoul de Gesvres s'amuse à faire cuire du riz dans de l'eau bouillante, rien que pour se délecter de voir les singes environnants se brûler les doigts en essayant de voler le riz. Et d'ajouter : « Le jeu était cruel, sans doute, mais devant des grimaces et des contorsions semblables, comment rester sérieux ? ». Ulcéré, l'éditeur ajoute un "(1)" à cette tirade, qui renvoie à une note en bas de page, où il déclare ceci : « Oui, d'une cruauté sauvage et barbare. L'homme doit se faire le protecteur des êtres de la création inférieure et non leur bourreau. Toute l'humanité applaudit à l'acte d'Androclès pansant un lion blessé; il ne doit y avoir non plus qu'une voix pour flétrir la dureté des hommes qui trouvent plaisant de torturer d'innocentes créatures pour leur propre divertissement. (Note de l'éditeur) ».
J'en ai lu, des livres déconcertants, mais je n'avais jamais assisté à un tel affrontement entre un auteur et l'éditeur qui le publie, même si ce cri du cœur, totalement justifié, est un aveu d'impuissance. L'éditeur n'a visiblement pas pu faire supprimer ou corriger ce passage qui le heurtait. Il n'a eu d'autre expédient que de rajouter cette note en bas de page, ce qui témoignerait, là aussi, d'un auteur occupant un poste puissant dans la hiérarchie catholique.
On pourra m'opposer que les ecclésiastiques ne sont pas en théorie des bourreaux d'animaux, mais il ne faut pas oublier que la Bible prétend que les animaux n'ont pas d'âme, et n'ont été créés par Dieu que pour servir de nourriture à l'Homme, et éventuellement de défouloir (ça n'est pas explicitement formulé comme ça, mais ça revient au même). De ce fait, il n'est pas exclu que même un prêtre puisse n'avoir que peu d'empathie pour les animaux s'il suit ce précepte.
Un autre détail qui me fait évoquer un homme d'église pour ce roman, c'est la totale absence de femme. Ce genre de littérature ne manque jamais d'esquisser une romance avec une belle indigène ou, à défaut, avec la fille encore "vierge et pure" ou l'épouse délaissée d'un colon. Ici, la question ne se pose pas : il n'y a pas de femmes DU TOUT, sinon quelques indigènes battues par leurs maris, ce qui émeut nos chasseurs barbares et nos tortionnaires de singes, qui ont beau jeu de regretter que ces sauvages ne soient pas chrétiens.
Egalement, la façon même du narrateur, lorsqu'il aborde très occasionnellement un sujet religieux - essentiellement la beauté de la Création - ne le fait pas avec l'émotivité d'un croyant, mais avec l'emphase d'un homme qui connait son sujet, et qui a l'habitude du sermon.
Enfin, un auteur ecclésiastique et puissant aurait tout intérêt à dissimuler une publication aussi peu paroissiale sous un pseudonyme.
Quoi qu'il en soit - et il est à craindre que le mystère demeurera - le mystérieux Frédéric Duval, auteur d'un seul et unique roman, était apparemment un amateur de romans d'aventure datant de sa jeunesse. Outre Gustave Aimard, on peut identifier l'influence des premiers romans d'aventure d'Eugène Sue, et quelques éléments propres à Alfred Assollant, auteur du formidable « Les Aventures du Capitaine Corcoran » (1867), se passant également en Inde, et qui fut un énorme succès littéraire. Sans doute Frédéric Duval avait-il lu également les auteurs américains et anglo-saxons du genre, souvent rudes dans leur conception de l'aventure, comme l'immense James Fenimore Cooper, dont la postérité dont jouit encore son classique « Le Dernier des Mohicans » (1826) relègue dans l'oubli sa quarantaine d'autres classiques du roman d'aventure, dont « Le Corsaire Rouge » (1827), qui connût en France un succès phénoménal.
Pour autant, même si l'on sent que Frédéric Duval était un lecteur érudit, hélas, cela ne suffit pas à faire un bon écrivain. Déjà, « Un Tueur de Lions, de Tigres et d'Éléphants dans les Indes » possède une intrigue qui tient en quelques lignes : Dans une petite ville d'eaux des Pyrénées, Frédéric, le narrateur, croise dans la rue Raoul de Gesvres, un ancien camarade de collège qu'il peine à reconnaître tant il est devenu musclé, viril et bronzé. Celui-ci lui apprend qu'il est devenu chasseur de fauves en Inde. Devant l'air admiratif de son ancien condisciple, Raoul de Gesvres lui dit : "Justement, je repars bientôt pour Bombay. Veux-tu venir avec moi ?"
Et voilà le timide Frédéric embarqué avec Raoul, son fidèle compagnon l'arabe El-Ahmar, le chasseur hollandais Van Huppen, trois chasseurs anglais, Sir Harring, Sir Williams et le capitaine Stewart (dont le nom est curieusement orthographié "Stwart" durant tout le roman), dans une ambiance d'hommes, conviviale et chargée de souvenirs.
Après des visites éclairs de Bombay, Dehli et de Madras, les chasseurs vont parcourir l'Inde à travers les jungles, les plaines et les petits villages, tirant à peu près sur tout ce qui bouge : tigres, lions, éléphants, sangliers, crocodiles et même Thugs, cette secte d'assassins fanatisés qui donna du fil à retordre à l'occupant anglais. Ce dernier détail peut amener à se méprendre sur la date de publication du roman, car les Thugs ont disparu à la fin des années 1860. Soit l'auteur n'était pas très renseigné sur l'actualité en Inde, soit cet ouvrage a été écrit à cette époque, et publié bien plus tard. Cette dernière idée n'est pas saugrenue, car une fois encore, même pour 1890, le roman fait un peu vieillot dans la narration et le vocabulaire.
La journée, les chasseurs chassent, et le soir, que font-ils ? Ils se racontent des souvenirs de chasse autour du feu. Tout cela fait de « Un Tueur de Lions, de Tigres et d'Éléphants dans les Indes », un roman qui aurait pu être très vite monotone et répétitif à force de n'être qu'une succession frénétique de scènes de chasse. Ce qui sauve ce livre, ce qui lui donne son caractère exceptionnel, c'est que l'auteur n'a pas la moindre idée de ce dont il parle. Ainsi, les scènes de chasse, sanguinaires mais fantasmées à l'excès, possèdent ce lyrisme tragique des gravures, et dépeignent les animaux sauvages avec un anthropomorphisme tellement grotesque qu'on ne peut s'empêcher d'en rire. Avec un demi-siècle d'avance, Frédéric Duval invente malgré lui l'humour des dessins animés du XXème siècle.
Quand un lion est frappé au thorax, il hurle à la mort en pressant ses deux pattes avant sur sa blessure, comme le ferait un homme. Quand un éléphant se sent attaqué, il utilise sa trompe pour ramasser des cailloux et les jeter sur ses ennemis. On assiste aussi à l'éventration d'un petit lion par un sanglier aux longues défenses, capables de se cacher sous l'eau (Serait-ce un babiroussa ? Mais ces animaux sont inoffensifs, et ne vivent qu'en Indonésie). Plus fort, encore : Frédéric Duval confond les tiques et les moustiques. Il décrit des moustiques qui se posent sur la peau, se gorgent de sang jusqu'à tripler de volume, puis, une fois repus, incapables de voler, il se laissent tomber au jugé sur le sol.
Même les chasseurs semblent parfois se retrouver dans des situations à la Tex Avery. El-Amhar, le fidèle second de Raoul, se retrouve agrippé par la trompe d'un éléphant, qui le soulève et le frappe au sol plusieurs fois. Puis l'éléphant avec ses pattes pourtant peu fouisseuses, creuse un trou, jette le corps de l'arabe dedans, et rebouche le trou par-dessus. Mais bon, El-Amahr en a vu d'autres, il parvient à s'extraire sans trop de mal de cette tombe improvisée. Cependant, du coin de l'œil, l'éléphant s'en aperçoit, il attrape de nouveau l'arabe par le collet, le frappe au sol comme une serpillère à deux ou trois reprises, puis il dégage le trou, jette à nouveau El-Ahmar au fond, et remet la terre par-dessus.
Finalement, le pachyderme est abattu par Raoul de Gesvres, et El-Ahmar, un peu sonné quand même, est sauvé de ce nouvel enterrement, et s'en sortira avec seulement quelques bosses et quelques contusions.
La succession de ces scènes à la fois dantesques et burlesques n'est pas sans apporter une certaine confusion, quand la routine est bien installée dans la vie des chasseurs. Parfois, une simple phrase expéditive mène de la fin d'une journée de chasse au premier souvenir de chasse raconté pendant le dîner, et soudain, le lecteur se retrouve face à des girafes. Des girafes ? En Inde ? Mais non, en fait, c'est le souvenir d'une chasse en Afrique. Quand bien même, ça n'aurait pas été plus surprenant que le reste, au point où nous en sommes.
Cette anecdote avec les girafes est d'ailleurs le meilleur passage du roman, vu que le chasseur qui narre cette histoire dépeint une scène à laquelle il aurait assisté : une girafe se fait traquer par un lion, mais comme elle sait courir moins vite que lui, elle se place derrière un acacia africain, un grand arbre portant de redoutables épines... En réalité, il n'existe pas d'arbres robustes en Afrique qui appartienne à l'espèce des Acacias, on les trouve essentiellement en Australasie, et, dans le reste du monde, et donc en Afrique, l'espèce n'existe que sous forme de fleurs ou de petits buissons. Frédéric Duval devait penser à un arbre appelé "Gleditsia Triacanthos", ou Févier d'Amérique, originaire des États-Unis, mais introduit dans l'est de l'Afrique par les colons américains. Cet arbre, dont les feuilles peuvent parfois rappeler celles des acacias, possède des épines assez longues sur le tronc et les branches.
Néanmoins, tout rapport avec la réalité s'arrête là : Frédéric Duval parle d'un "acacia" dont les épines atteindraient 1 mètre de long. Cela n'existe évidemment pas.
Selon l'auteur, la girafe se place derrière l'arbre, en opposition au lion, l'amenant à se rapprocher de l'arbre pour passer à travers les branches basses. C'est alors que la girafe, du haut de son long cou, mord la cime de l'arbre et le tire en arrière en reculant, de façon à le plier, et comme l'acacia est un arbre à caoutchouc (Mais non, monsieur Duval !!! L'arbre à caoutchouc, c'est l'hévéa, voyons), son tronc se plie avec souplesse, et se relâche brutalement dans la direction opposée, lorsque la girafe lâche brusquement la cime. Il en résulte que l'arbre s'abat sur le fauve, l'embroche avec ses épines, avant de reprendre sa position initiale, emmenant dans ses hauteurs le cadavre du lion.
Et le narrateur ajoute même que, pour cette raison, il est dangereux de passer sous un "acacia" africain, car les branches de cet arbre sont couvertes de squelettes de lion, et le moindre coup de vent peut faire tomber sur votre tête un ou plusieurs de ces os en équilibre instable.
Il est difficile de ne pas rire en lisant cette élucubration qui éclipse toutes les autres, mais il faut bien comprendre que ce qui renforce le côté profondément comique de ce roman, c'est d'abord le fait qu'il soit très sérieux. En dehors de quelques plaisanteries "de bons copains" entre les chasseurs, pour détendre le stress entre deux chasses, Frédéric Duval a eu réellement le désir de signer un roman d'aventures palpitant, brutal certes, mais valorisant le courage et la bravoure de chasseurs de fauves. Son roman est même assez bien documenté, dans le sens où l'auteur a lu probablement toutes les encyclopédies sur la chasse des grands fauves, sur l'Afrique et sur l'Inde. Son problème, c'était d'imaginer ce qui n'était pas dans les encyclopédies, c'est-à-dire de mettre en mouvement des animaux dont il n'avait vu que des gravures et des illustrations plus ou moins réalistes. Et hélas, peu d'auteurs peuvent se targuer d'avoir eu une imagination aussi peu instinctive, aussi spontanément encline au délire, que ce Frédéric Duval.
Une preuve supplémentaire de l'érudition, lacunaire mais réelle, de cet écrivain, c'est que son "Tueur de Lions" est inspiré d'un personnage réel, qui ne s'appelait pas Raoul de Gesvres mais Jules Gérard (1817-1864), explorateur français qui fut une sorte de "célébrité" sous le Second Empire, et revendiqua fièrement le surnom de "tueur de lions", ayant tué au moins 26 de ces fauves à lui tout seul. L'homme signa d'ailleurs un récit de ses aventures, « La Chasse au Lion » (1855), illustré par Gustave Doré, et qui fut un grand succès de librairie. Il est probable que le roman de Frédéric Duval en est ouvertement inspiré, bien qu'il soit important de préciser que Jules Gérard n'a jamais chassé que sur le continent africain et sur la chaîne de l'Himalaya. Le choix de Frédéric Duval de placer les aventures de son Raoul de Gesvres en Inde marque la volonté de se démarquer de son modèle. Par ailleurs, Frédéric Duval décrit longuement l'aspect physique et la silhouette de son héros, qui est assez radicalement différente de celle du véritable "tueur de lions", de même que le titre de son roman, « Un Tueur de Lions, de Tigres et d'Éléphants dans les Indes », semble avertir le lecteur qu'il ne sera pas question de Jules Gérard.
Œuvre unique, virile et sanguinaire, d'un probable prélat, au soir d'une existence qui ne fut ni virile ni sanguinaire, « Un Tueur de Lions, de Tigres et d'Éléphants dans les Indes » est un roman fascinant qui, s'il n'est pas d'une grande qualité littéraire, est correctement écrite, et demeure encore de nos jours une lecture insolite et incomparable. Cette plume instable, tantôt sentencieuse, tantôt cruelle, mais le plus souvent d'une naïveté d'adolescent réjoui, nous apparaît, malgré tous ses défauts - voire même, grâce à eux - extrêmement attachante, comme le sont les vrais "nanars" du cinéma de quartier. Le roman connut d'aillleurs plusieurs réimpressions jusqu'aux années 30, ce qui témoigne de l'intérêt qu'il a suscité, même s'il a été grandement oublié depuis par les bibliophiles. Il est encore relativement facile à trouver sur Internet et dans des librairies spécialisées, pour une trentaine d'euros.
S'il serait excessif de le comparer à nos grands noms du roman d'aventures exotiques, « Un Tueur de Lions, de Tigres et d'Éléphants dans les Indes » est un OVNI littéraire, et sans doute, bien que ce ne sera jamais possible à prouver, la plus étrange fantaisie jamais écrite par un ecclesiastique.
Un choix de onze gravures colorisées via l'application Palette. Ces gravures, signées de différents noms anglophones, sont vraisemblablement empruntés pour la plupart à des ouvrages étrangers, sans l'autorisation des ayant-droits.



































Il existe bien un Frederic Duval magistrat, trépasse en 1893, et écarte plusieurs fois par des commissions républicaines, en 1848 et 1871. Mais il revient toujours sur le devant de la scène . A noter que le pseudo serait en ce cas son dernier prénom acoquine à son nom de famille. C’est suffisant pour brouiller les pistes. Et cela correspond avec les auteurs cités qui font parler d’eux au tournant de 1890…
Plutôt 1890-1910?